Fille de Joie, Femme de Lettres : The Bureau, Part 2
La proie continue de me toiser, lève un sourcil devant mes efforts vestimentaires, me sourit de loin. Je me suis quasi-grillée auprès du troupeau des secrétaires, qui colportent déjà des chuchotements entendus à mon approche, mais peu me chaut : Telle une lionne dans la savane, aussi persévérante que mon mon bâtard de chat qui fait régulièrement un carnage dans mes tampons (ben oui, un tampon, si on l’ébouriffe un peu d’une griffe agile, il se transforme en souris : Un corps, une queue, c’est un rongeur ; logique féline imparable), je scrute, tapie, prête à bondir, et j’attends mon heure.
Quand enfin je croise hier midi l’animal près de la bombonne d’eau, - point névralgique de tout environnement professionnel comme de tout terrain de chasse –, autant vous dire que je ne l’ai pas manqué. Il s’est enquis hypocritement de ma santé, me trouvant « l’air un peu pâlotte », et me conseillant de « manger de la viande rouge », alors j’ai répondu fort subtilement : « En effet, ça fait même un moment que j’ai envie de saucisse… ». Le drôle étant Strasbourgeois pure souche, la répartie avait un certain charme, non ?
Je l’ai vu déglutir, et puisque ma sortie l’avait momentanément mouché, j’en profitai pour ajouter que là justement, je me sentais tout d’un coup très faible, si terriblement anémique, si fiévreusement proche de l’évanouissement… Je titubai sur les quelques mètres qui nous séparaient de son bureau, une main sur le front, dans ma meilleure interprétation théâtrale de l’héroïne en pamoison. Il me suivait, les sourcils froncés. (Je suppose qu’il se demandait si c’était du lard ou du cochon…)
A peine eut-il refermé la porte, probablement heureux qu’à cette heure tout l’étage avait filé à la cantine, que je me jetai sur lui, le plaquai contre son armoire et l’embrassai à pleine bouche.
La décharge d’adrénaline, après ces semaines passées à se toiser, à se renifler l’air de rien, fut intense. Je me souviens confusément de nos bouches mouillées, de nos halètements sourds, de l’air conditionné sur mes fesses lorsqu’il retroussa ma jupe et m’assit sur le devant de la fenêtre, celle-ci donnant fort heureusement sur une terrasse inoccupée en cette saison. Il me prit comme j’aime, d’un coup violent, puis commença son va-et-vient dans une lente danse exquise, mais dont le rythme évolua rapidement en un corps à corps effréné.
La jouissance fut pour moi assez brève, mais je frisais la tachycardie donc c’était pas plus mal. Je songeai de plus que mes fesses devaient maintenant porter l’empreinte de la grille de ventilation, en une série de rayures qui auraient fait pâlir d’envie un zèbre, et me donnaient probablement l’air d’avoir subi une correction à la cane.
Réprimant un petit cri de douleur, je remis donc les pieds par terre, époussetai ma jupe, et l’informai que je me sentais maintenant tout à fait remise de mon étourdissement. Au moment où, une main sur la poignée, je me retournai vers lui pour véhiculer ma satisfaction d’un dernier regard de killeuse, j’aperçus le vieux comptable sur la terrasse, une cigarette au bec, qui louchait dans notre direction.
Quand enfin je croise hier midi l’animal près de la bombonne d’eau, - point névralgique de tout environnement professionnel comme de tout terrain de chasse –, autant vous dire que je ne l’ai pas manqué. Il s’est enquis hypocritement de ma santé, me trouvant « l’air un peu pâlotte », et me conseillant de « manger de la viande rouge », alors j’ai répondu fort subtilement : « En effet, ça fait même un moment que j’ai envie de saucisse… ». Le drôle étant Strasbourgeois pure souche, la répartie avait un certain charme, non ?
Je l’ai vu déglutir, et puisque ma sortie l’avait momentanément mouché, j’en profitai pour ajouter que là justement, je me sentais tout d’un coup très faible, si terriblement anémique, si fiévreusement proche de l’évanouissement… Je titubai sur les quelques mètres qui nous séparaient de son bureau, une main sur le front, dans ma meilleure interprétation théâtrale de l’héroïne en pamoison. Il me suivait, les sourcils froncés. (Je suppose qu’il se demandait si c’était du lard ou du cochon…)
A peine eut-il refermé la porte, probablement heureux qu’à cette heure tout l’étage avait filé à la cantine, que je me jetai sur lui, le plaquai contre son armoire et l’embrassai à pleine bouche.
La décharge d’adrénaline, après ces semaines passées à se toiser, à se renifler l’air de rien, fut intense. Je me souviens confusément de nos bouches mouillées, de nos halètements sourds, de l’air conditionné sur mes fesses lorsqu’il retroussa ma jupe et m’assit sur le devant de la fenêtre, celle-ci donnant fort heureusement sur une terrasse inoccupée en cette saison. Il me prit comme j’aime, d’un coup violent, puis commença son va-et-vient dans une lente danse exquise, mais dont le rythme évolua rapidement en un corps à corps effréné.
La jouissance fut pour moi assez brève, mais je frisais la tachycardie donc c’était pas plus mal. Je songeai de plus que mes fesses devaient maintenant porter l’empreinte de la grille de ventilation, en une série de rayures qui auraient fait pâlir d’envie un zèbre, et me donnaient probablement l’air d’avoir subi une correction à la cane.
Réprimant un petit cri de douleur, je remis donc les pieds par terre, époussetai ma jupe, et l’informai que je me sentais maintenant tout à fait remise de mon étourdissement. Au moment où, une main sur la poignée, je me retournai vers lui pour véhiculer ma satisfaction d’un dernier regard de killeuse, j’aperçus le vieux comptable sur la terrasse, une cigarette au bec, qui louchait dans notre direction.